MAISONS ET DECORS – Octobre-Novembre 2013

MAISONS ET DECORS – Octobre-Novembre 2013

23 novembre 2013

200 m2 d’herbes folles !

Exercice de style fort intéressant, l’agence d’architecture paysagère « Réflexion Paysage » démontre que petite surface, terrain difficile et voisinage proche peuvent se muer en un intime cocon de nature et un site de baignade des plus tendances !

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reflexion paysage maisons decors octobre novembre 2013

Avant d’y poser des mots, c’est en image que s’illustre d’abord le savoir-faire de cette jeune et dynamique agence axoise d’architecture des jardins. A la base de « Réflexion Paysage », Nicolas Moingeon, architecte paysagiste urbaniste et Yoran Morvant, graphiste et designer d’espaces. « Nos projets ne bousculent pas le site mais le traitent avec soin et le révèlent par des interventions esthétiques sobres, pérennes, soucieuses du détail, sans artifice, selon une trame dans laquelle mais-jardin-paysage sont en étroite relation ».

L’effet Chrysalide

La mission : transformer un petit terrain nu et en pente (200m2), situé dans un environnement d’habitat dense de la région marseillaise, en jardin organisé avec coin piscine…
Les paramètres techniques : la gestion des déblais et remblais, le soutènement des terres et la présence de bancs rocheux.
L’idée : sur un mode contemporain, imaginer de toutes pièces un jardin d’inspiration zen sous influence méditerranéenne (la signature de fabrique de l’agence). Mais aussi profiter de la surface du lieu et de sa vue sur les collines au loin pour créer un nid de verdure avec un point d’eau inscrit en son centre.
La réalisation : traiter l’espace sur trois niveaux différents – le talus naturel, la piscine et la terrasse – tous ouverts et nimbés d’ambiances plurielles, à embrasser d’un regard depuis la maison. En conséquence, la partie supérieure du terrain a été retenue par un mur de soutènement haut de trois mètres et habillé de bambous. Pour le côté intime, les limites de la maison côté voisins et rue ont été longées de bambous persistants à larges feuilles. La partie piscine domine sur une plateforme surélevée, pavée de lattes de bois. Des jardinières en pourtour, plantées d’essences diverses, l’intègrent dans la végétation et estompent l’effet dénivelé.
Opposition entre souplesse des végétaux l’été et lignes architecturales l’hiver, des terrasses en pyramides et des graminées taillés en fin de saison froide.
En contrebas, une terrasse et sa pergola bioclimatique, autre lieu de vie auquel on accède dès l’entrée par un chemin de pas japonais en schiste, margelles en pierre noire poncée et gravillons blancs. Un agencement doublé d’une réflexion sur les matières et les couleurs afin que les revêtements de sol et les maçonneries s’unissent dans un livret minéral dont les teintes contrastent avec la végétation, herbes folles et bambous à l’inverse tout en mouvement.
Bel exemple d’un bon coup de crayon doublé d’une pensée structurée, d’un vrai talent et de l’intervention sur le terrain du paysagiste Accent du Sud (à Trets). Petit jardin est devenu grand !